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"Un voyage se passe de motifs. Il ne tarde pas à prouver qu'il se suffit à lui même. On croit qu'on va faire un voyage mais bientôt c'est le voyage qui vous fait ou vous défait." Nicolas Bouvier, L'usage du monde, 1963.

05 Nov

Yak Yak Yak NEPAL

Publié par Lucie & Antoine  - Catégories :  #Népal

C’est grâce à Thaï Airways que nous avons rejoins, voilà de ça un mois maintenant, Katmandou, la capitale népalaise. A l’origine, nous pensions rester uniquement trois semaines au pays des Yacks avant de retourner sur Bangkok pour rejoindre Rangoon.

Mais une fois sur place, nos plans changèrent de nouveau et c’est à postériori que nous remercions la Thaïlande pour le fait qu’elle nous ait permis de découvrir ce génial Népal où nous serons restés un mois et demi.

Premier contact : Katmandou.

Notre arrivée à Katmandou se fait dans l’après midi en plein milieu du festival hindou « Indra Jatra ». Nous faisons quelques pas et sommes immédiatement entrainé par la foule qui se pousse dans les rues étroites à la poursuite des chars. Ça cri, ça chante, ça danse, ça grouille, c’est plein de couleurs, un veau est en train de mourir sur le trottoir, le soleil se couche et nous mètrerons plus d’une heure à retrouver notre hôtel.

Yak Yak Yak NEPAL

Le Katmandou du troisième millénaire se trouve relativement loin de toutes les images que nous pouvions projeter à son sujet. Très loin d’être une petite ville calme, en montagne, paisible où il fait bon vivre au rythme des pas des vaches qui se perdent dans les ruelles, Katmandou 2013 fait figure d’une ville poussiéreuse, très peuplée, où la circulation est dense et anarchique (et c’est un euphémisme) et où parfois ce « chaos » nous oppresse et l’on souhaite vite fuir dans les montagnes, à quelques kilomètres seulement.

Mais là n’est pas notre sentiment final. Abstraction faite de tous ces éléments, Katmandou est une ville MAGIQUE, FABULEUSE, pleine de vie, d’odeurs, de temples, de ruelles magnifiques, de places, de motos, d’animaux en tout genre, de népalais au sourire indéfectible, de bruits… Katmandou c’est un peu comme Stupeflip, ça te prend par la croupe et te retourne comme une crêpe. Au-delà d’être un réel et impressionnant musée à ciel ouvert, cette ville attire et envoûte beaucoup plus qu’elle n’effraie. Et si les quelques lieux que sont Swayambunath, Pashuputinath, Bodnath et Durbar square Basantapur (notre quartier général) restent absolument incontournables, se perdre dans les ruelles et se laisser porter au gré du vent est tout autant fantastique. Tous nos sens, nos valeurs, nos codes et notre système de pensée rationnel sont chamboulés.

A eux seuls, les mots ne parviennent pas à peindre correctement le portrait de cette cité. Katmandou se vit, elle ne se raconte pas.

Yak Yak Yak NEPAL

Deuxième étape : Bhaktapur.

Cité musée située à 15km de Katmandou, celle-ci contient aussi un nombre incalculable de temples et de ruelles tous plus beaux les uns que les autres. Et si elle n’abrite pas en elle la ferveur de sa grande sœur, Bhaktapur a l’avantage d’être nettement plus calme et n’a rien à lui envier en terme de monuments et d’histoire.

Cette fois-ci c’est un meeting politique qui nous accueille et qui a plus les allures d’une grande fête de quartier avec hauts parleurs sur la place publique qui crachent des rythmes de musiques indiennes. Les nouvelles élections approchent, et avec elles, les drapeaux communistes envahissent les rues et les cortèges.

Yak Yak Yak NEPAL

Mais c’est aussi un nouveau rythme qui s’installe dans notre voyage. Plus lent, plus paisible, les effets du Népal se font ressentir par un apaisement.

Nos journées sont occupées par de petites balades, de contemplations et de discussions. La vie Népalaise s’ouvre à nous avec sa nourriture modérément épicée, ses boulangeries, son artisanat local et le savoir-faire des couturières aux détours des rues étroites.

Troisième étape : Pokhara

Après notre semaine à parcourir la capitale et Bhaktapur, nous voilà à Pokhara, deuxième ville du pays, 200 kms plein ouest de KTM. Ces quelques kilomètres représentent néanmoins la traversée d’une bonne partie du pays. Elle nous renseigne immédiatement de l’état des routes, qui se sont de loin, les plus dangereuses que nous avons empruntées jusqu’ici. Ainsi, ce déplacer ici relève d’une véritable aventure sportive, d’autant plus que les pneus des bus sont généralement aussi lisses que le crâne de Bouddha.

Cette destination, très prisée des touristes pour sa situation géographique, coincé entre un lac mystique et les Annapurna. C’est certainement cette ville qui nous aura laissé le souvenir le moins mémorable. En effet, Pokhara semble vouloir surfer plus haut que les vagues de touristes qui affluent ici, certes en bon nombre, mais qui ne suffisent pas à remplir 20% des hôtels et restaurants construits à la hâte ces dernières années autour du lac (Lakeside). Malgré tout, Pokhara nous aura permis de reprendre des forces en y adoptant un rythme de vie plus doux fait de quelques marches, vol en parapente ou autre balade sur le lac…

Au départ de Pokhara, il nous suffit d’une dizaines de kilomètres en bus et de 3 heures de marche, constituée essentiellement d’escaliers de pierres et de 800 mètres de dénivelé, pour nous retrouver au sein d’un havre de paix. Une fois au sommet de ce flan de montagne, nous arrivons dans un petit village à environ 2100 mètres d’altitude, peuplé d’une vingtaine d’habitants. Nous sommes accueillis par un petit sentier aux pierres alignées, formant un chemin nous faisant traverser les rizières du village. La vue sur la vallée est magnifique, avec la chaine de montagnes en second plan, entourée d’épais nuages. Nous poussons la porte d’un autre temps et dormons chez une des familles du village, au dessus du poulailler, avant que le lendemain matin la pluie et les sangsues ne nous contraignent à rentrer sur Pokhara.

Yak Yak Yak NEPAL

Gros regret ici : à cause d’une météo médiocre nous n’avons pu apercevoir que très faiblement les hauts massifs Himalayen et renonçons à contre cœur au trek.

Mais c’est aussi à Pokhara que nous décidons de notre future destination : l’Inde du nord. Ni une ni deux, après les 8 heures de bus nécessaire pour parcourir les 200 kms séparant Pokhara de Katmandou. Nous revoilà donc à la capitale, déterminés à obtenir notre visa indien, et déterminé, il faut l’être pour ce genre d’échanges avec l’administration Indienne.

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Dernière étape : la Vallée de Katmandou

De retour à Katmandou, c’est une autre fête que nous attendons et qui a su susciter notre attention depuis notre arrivée, Dashain.

C’est l’un des festivals les plus important de l’année, souvent comparé par les Népalais à Noël pour nous, il célèbre l’une de ses déesses qui aurait luttée et repoussée le mal et triomphant ainsi du bien.

L’histoire et la mythologie Hindouiste sont aussi riches que complexes pour nous, occidentaux. Il nous est compliqué de décrypter son fonctionnement et d’appréhender pleinement ses enjeux et les pratiques qu’elle entraîne. Simplement, la seule chose qui est absolument palpable, c’est que la foi détient une place absolument considérable et qu’elle guide tous les comportements sociaux et participe pleinement à faire de la société Népalaise, une société très intégrée et intégrante.

Yak Yak Yak NEPAL

Pour nous c’est surtout l’occasion de retrouver l’effervescence des rues de notre arrivée. Ces moments où juste avant que le soleil ne se couche, les personnes ne cessent d’affluer sur les places où se regroupent les principaux temples, à grimper en hauts de leurs monuments, à se dépêcher, et à annoncer l’arrivée de la fête.

C’est aussi le festival le plus sanglant car c’est à ce moment que les familles font les offrandes et sacrifient veaux, chèvres, poulets et autres animaux en leur tranchant la tête et arrosant de leur sang, les monuments sacrés.

Mais finalement, nous aurons trouvé cette fête très pudique et avant tout familiale et nous resterons un peu sur notre faim quant à sa représentation au sein des espaces publiques. Les magasins ferment, les rues se vident et les temples auxquels nous n’avons pas accès se remplissent …

Peut-être que la capitale était un endroit mal choisit, ou peut-être que les différentes polémiques aux sujets de l’aspect barbare des sacrifices d’animaux auront poussé ces différents rituels à s’opérer toujours plus à l’abri des regards et de la curiosité des touristes.

Une fois la fête finie, et que la vie reprend son cours, nous reprenons la route une dernière fois à la conquête des alentours de Katmandou et de sa vallée.

Nous continuons de goûter aux joies des scènes de vie les plus simples, reculées des centres villes et de leurs circulations entêtantes, à la campagne où encore une fois, nous avons l’impression de traverser des portes d’espaces temporels qui nous projettent tout droit à travers une vie qui semble s’écouler selon des règles qui lui sont propres et si étrangères pour nous. Nous perturbons l’espace d’un moment ce rythme lors de notre passage. Les travailleurs s’arrêtent, les regards nous suivent jusqu’à l’entrée du village, les enfants rigolent, intimidés et les adultes nous invitent à boire le chaï.

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